L'étang Histoire

dimanche, novembre 29 2015

Origine de l'étang

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L'étang de Carcraon a-t-il toujours existé ?

Dans les textes de 1133 et 1167 déja cités, il est exclusivement fait mention de l'existence d'un cours d'eau appelé la Seiche.

Le premier texte qui fasse état de l'existence de l'étang de Carcraon est une notice du 18 juin 1198 établissant les termes d'un accord de paix entre les Seigneurs André II de Vitré et Guillaume III de La Guerche, ville médiévale distante de 4kms.

En 1210 le Seigneur de La Guerche donne à l'abbaye Saint Georges de Rennes 20 sols de rente sur ses moulins de Carcraon (d'après l'abbé Guillotin de Corson).

En 1241, Geoffroy III dotant sa fille, excepte : le bourg de Carcraon, les moulins, l'emplacement de l'étang ainsi que les tenanciers du bourg de Carcraon. Deux ans plus tard, il confirme à l'abbaye de la Roe un droit sur le dit étang.

M Meuret et Guillotel, historiens, concluent à la création de l'étang par l'édification d'une digue et d'une chaussée entre 1167 et 1185.

samedi, novembre 28 2015

La pêche sur l'étang

Un moulin et une vocation pêche initiés par les moines dès le XII ième siècle.

Extrait de la charte du 15 mai 1133 :

« Sur le cours de la Seiche où Angers possédait un emplacement propre à construire un moulin, si ce moulin est construit les moines en auront le quart, et si entre-temps ces derniers veulent établir un gourd* pour prendre les poissons, ceux-ci leur reviendront, une fois le moulin construit, il en ira de même ».

* On appelle gourt ou gort des espaces dans des rivières où l’on a dressé des pieux pour y tendre des filets (plus probablement des nasses en osiers ou en bois) et prendre du poisson.

GEOFFROY III ET L’ETANG DE CARCRAON

Un droit de pêche accordé à l’abbaye de La Roë en 1243.

En janvier 1241, Geoffroy III, quand il dote sa fille Thomasse qui épousait André III de Vitré, lui assurait tout ce dont il disposait dans les paroisses de Bais, Vergeal, Domalain et Visseiche, mais prenait bien soin d’excepter le bourg de Carcraon, les moulins, l’emplacement de l’étang ainsi que ce que les tenanciers du bourg de Carcraon tenaient du seigneur de la Guerche.

Deux ans plus tard, il confirmait à l’abbaye de La Roë un droit de pêche dans son étang de Carcraon donné par son aïeul Geoffroy de Pouancé.

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LA GRANDE PÊCHE SUR L’ETANG

L’inscription «Le Port » figurant sur une carte postale du début du XX ième siècle nous révèle l’importance de la pêche en bateaux à cette époque. La flotte se compose alors de la «Grande Plate »* du «bateau réservoir »**(construit par les Ets Chénel en 1946) et de 5 ou 6 barques de bois à fond plat que l’on peut encore rencontrer actuellement dans les Pays de Loire.

En 1945, Mr Lamoureux confie à Mr Vaillant la responsabilité d’une équipe de 5 à 6 hommes qui vont pêcher à la senne*** de 4 à 6 jours par semaine et ceci pendant une durée de 3 mois s’étalant environ de mi-octobre à fin décembre. Des méthodes de pêches différentes sont pratiquées de mars – avril à juin en raison de la végétation aquatique. Plusieurs tonnes de poissons seront tirées de l’étang pendant ces saisons, certains coups de filet pouvant rapporter 300 kilos de tanches ou 1500 kilos de gardons qui sont revendues à des pisciculteurs pour l’alevinage. Plus tard, Mme Vaillant ira vendre les produits de la pêche sur le marché de la Guerche et des environs.

* Bateau de 7 mètres où l’on déposait le filet.

** Bateau muni d’un caisson permettant de conserver le poisson.

*** Filet permettant d’encercler le poisson. La plus grande senne mesurait environ 140 mètres.

La senne : Mr Vaillant qui partait avec une première barque devait faire preuve d’une grande intuition afin de repérer les bancs de poissons. Le bateau réservoir se positionnant à l’endroit indiqué, la grande plate pouvait alors fixer la senne à ce point fixe et partir encercler le banc. Ceci pourra se répéter de 5 à 6 fois par jour quelles que soient les conditions météorologiques et on peut imaginer la sensation de froid que pouvaient subir les pêcheurs quand un vent de nord soufflait sur l’étang. A noter que les bateaux étaient propulsés le plus souvent à l’aide de perches et que la pêche pouvait se dérouler jusqu’à Bétron.

Les nasses, les flotteurs et les cordées : Au printemps, des nasses étaient utilisées ainsi qu’une centaine de flotteurs munis d’un hameçon chacun et des cordées de 15 hameçons.

Les braies : Ce système permettait de piéger le poisson au vannage. Elles étaient constituées d’un montant de bois où était fixé un filet se terminant par une poche. Le montant mesurant 1 mètre de haut était prévu pour venir se placer dans la largeur d’une vanne. En 1955, la rénovation du vannage et la création d’une pêcherie mit fin à leurs utilisations.

La pêcherie : La pêcherie encore existante est constituée d’un réservoir de béton où était canalisé le poisson à l’aide des grilles. Elle fut exploitée jusque dans les années 90. Mr Téhard qui en fut responsable jusqu’à 1987 se souvient y avoir pris une anguille de 4 kg 300 dont la longueur était de 1m 27.

Barques sur les bords de l'étang

La cueillette en bateaux des macres

Pendant longtemps l'étang fût très animé en septembre par le va et vient des barques louées aux promeneurs qui ramassaient les macres dont les enfants étaient très friands. Ce fruit, sorte de noix dure pourvue de quatre épines très piquantes, surnageait parmi les nénuphards. Il se cuit comme la châtaigne et contient une amande farineuse blanche de saveur agréable.

La plante qui produit les macres est l'ennemie des pêcheurs, baigneurs et nageurs en raison de ses longs filaments, c'est pourquoi elle a disparu par faucradage de la plupart des étangs.